Une histoire des rites
à l’occasion de la publication de l’ouvrage :
Pascal Lardellier & Isalou Regen, Rites, je vous aime ! Manifestes pour les rituels qui embellissent nos vies, Buchet-Chastel, 09.2026
Nous avons tous des préparatifs entre le réveil et le départ au travail : des cérémonies intimes, qui se déroulent dans le même ordre. Car le rituel marque souvent un passage : de la nuit au jour, de l’enfance à la maturité, d’un lieu ou d’une année vers l’autre… Les sociétés traditionnelles avaient bien compris ce rôle de seuil. C’est pourquoi le rituel se joue aussi à l’échelle collective : Nouvel An, rentrée, crémaillère. Non seulement il est le ciment du vivre ensemble (imagine-on une vie de bureau sans la précieuse pause-café ?), mais il esthétise l’ordinaire (faire le marché le dimanche alors qu’il s’agit simplement de s’alimenter). Bref, sans les rituels, nous serions des robots. Plus la technologie progresse, plus nous avons besoin de ces marqueurs, infimes ou grandioses. En résistance aux écrans et à l’immédiateté, le rituel réhabilite l’incarnation et le temps présent. Il permet de connecter, bien plus qu’une montre ou une IA… Comme le sacré s’oppose au matériel, il est le grand barrage au consumérisme, qui préfère acheter plutôt que célébrer, et finit par nous déraciner. Le rituel, lui, ancre. Il leste un moment, un endroit, une relation. Deux regards se croisent, l’un scientifique l’autre thérapeute, pour rendre hommage à ces pourvoyeurs de sens et de beauté.