Publié le 22/04/2021

Marc Ferro

Marc Ferro est mort !

Cette nouvelle est tombée aujourd’hui comme le ciel sur la tête… Un chêne qu’on abat pour reprendre une métaphore célèbre. Avec Marc Ferro disparaît l’un de derniers représentants de cette illustre école historique française des années 1960-1990, rassemblée autour de la revue des Annales et de l’EHESS, et qui s’incarnait dans ces grands noms que furent Fernand Braudel, Georges Duby, Jacques Le Goff…

Tout a déjà été écrit ou le sera dans les jours qui viennent sur ce défricheur d’histoire de la Grande Guerre, de l’URSS, du régime de Vichy, de la colonisation, voire de concepts innovants comme le ressentiment dans l’histoire, sur cet historien iconoclaste et anticonformiste qui fit une carrière non académique, sur ce maître qui s’attira des générations de disciples et initia des générations de professeurs, sur cet inlassable conteur à la faconde professorale étourdissante qui conquit le grand public…

Cette admiration que lui portaient les gens, il la vérifia maintes fois et en particulier lors de l’édition de 2013 des Rendez-vous de l’histoire, consacrée à la guerre. Sa présidence du cycle cinéma rendait alors hommage à son œuvre pionnière de faire de l’histoire par le cinéma et par les archives audiovisuelles, comme l’extraordinaire série d’ARTE, Histoire parallèle le démontra. Elle lui fournit l’occasion de délivrer, devant une salle qui lui fit une standing ovation, une leçon érudite d’analyse filmique, émaillée d’anecdotes de sa vie, toujours resituée dans le cours de la grande histoire dont il fut un témoin passionné et engagé.

Les Rendez-vous de l’histoire saluent avec émotion la mémoire de ce grand historien dont la personnalité attachante et l’œuvre considérable brillent comme un phare de la connaissance historique humaniste.

Jean-Marie Génard, responsable cinéma des Rendez-vous de l’histoire