Edition 2021 - Le Travail
Salon du livre
Publié le 20/09/2021

2 questions à Élisabeth Crouzet-Pavan

Professeure d’histoire du Moyen Âge à Sorbonne Université, Élisabeth Crouzet-Pavan est l’auteure de nombreux ouvrages sur l’Italie de la fin du Moyen Âge et de la première Renaissance dont Venise. VIe-XXIe siècle, « Références », Éditions Belin.

Reste-il des pages de l’histoire de Venise à découvrir ?

À la manière de la ville qui continue à se transformer derrière un décor d’eau et de pierres en apparence immuable, l’écriture de l’histoire de Venise se poursuit. L’archéologie permet de mieux éclairer les premiers siècles, mal connus, de l’existence vénitienne. Les archives conservées aux Frari, qui sont parmi les dépôts les plus riches du monde, livrent toujours d’autres informations. 

Que pensez-vous du sort actuel de Venise ? 

Deux des principales menaces pesant sur le site vénitien paraissent aujourd’hui conjurées. À l’automne 2020, le Mose, dont les travaux pharao- niques avaient commencé en 2003, est entré en fonction. Ce système de défense, formé de vannes mobiles escamotables, destinées à isoler la la- gune de la mer durant les phénomènes de haute marée, semble devoir enfin jouer son rôle protecteur. À partir du 1er août 2021, les grands navires de croisière ne pourront plus traverser Venise. Mais le danger de la submersion touristique demeure. Venise est en effet devenue un des lieux du tourisme mondial menacés par l’empreinte des flots de visiteurs : autour de 30 millions par an avant l’épidémie de coronavirus. À mesure que les hébergements touristiques se multiplient et que les commerces du quotidien deviennent des boutiques de souvenirs, les habitants partent et, inexorablement, la ville tend à devenir un musée