Vendre, exclure, effacer : les marchands d'art juifs face à la spoliation
Saviez-vous qu'un tableau peut cacher un crime derrière ses couleurs éclatantes ? Dès 1940, les galeries d'art des marchands juifs sont les cibles de l’occupant nazi, du régime de Vichy et des commissaires-priseurs, qui orchestrent la spoliation et l’aryanisation en toute légalité (Bruttmann). La spoliation n’est pas qu’un vol opportuniste, les nazis veulent « purifier » l'art en effaçant la présence, l’influence culturelle et l’identité juives du marché de l’art (Polack, Dreyfus). Au musée des Beaux-Arts de Montpellier est exposé un tableau de Claude Monet, « Jardin en fleurs, à Sainte-Adresse » MNR 216. La dernière personne à l'avoir possédé était le comte von Holnstein, mais il en était le détenteur illégitime. Cette toile devient ainsi un point de départ pour enseigner le rôle des marchands, des collectionneurs et des administrations. Elle illustre la manière dont le droit a été instrumentalisé pour rendre possible le crime de masse.