Retour à la nostalgie : une anthropologie des conséquences affectives de la migration
Communication proposée par le Lab du jeune chercheur
Ma thèse de doctorat en anthropologie (2023), récompensée par le prix du CTHS, analysait l’expérience subjective et intime de l’exil vécue par des étrangers en France et en Allemagne, par-delà la dichotomie entre migrations volontaire et subie. Si les rapports à l’espace et au temps subissent une réélaboration évidente par temps globalisés, mes résultats avancent, au croisement de l’anthropologie et de la clinique de l’exil, que les nouvelles manières de voyager, de communiquer ou d’échanger (à commencer par l’usage banalisé de l’avion et des technologies de communication) n’annulent pas les conséquences psycho-affectives de la migration, ou autrement dit, la nostalgie « migratoire » résultant du changement d’environnement de vie. La condition subjective de l’exil - résumée ici sous le mot « nostalgie » - et le travail psycho-affectif auquel elle confronte, se voient pourtant largement sous-estimés, actuellement, par des études migratoires auxquelles la figure omniprésente du migrant n’ayant pas la possibilité de s’installer inspire une perspective en termes de vulnérabilité matérielle et administrative, plus qu’affective.