Les marchands dans l’Antiquité
Conférence proposée par le Conseil Scientifique
Peut-on dans une manifestation consacrée aux marchands ne pas prononcer le nom de Palmyre ? Certes, son rôle n’est visible que durant une relativement courte période, mais la documentation disponible, enrichie récemment pas de nombreuses découvertes archéologiques hors de la prestigieuse oasis de Syrie, incite à revenir sur le sujet et à élargir le propos bien au-delà des caravanes qui reliaient Palmyre à l’Euphrate et au golfe Persique. Il nous faut donc cheminer à travers les massifs arides qui bordent Palmyre au Nord-ouest pour y retrouver les éleveurs de chameaux, se rendre dans les caravansérails qui accueillent hors de la ville les chameaux et marchandises qu’on ne veut pas y faire entrer, rencontrer les marchands et les chefs de caravanes méritants sur l’agora de la ville. Il nous faut aussi rejoindre la vallée du grand fleuve, la suivre jusqu’aux rives du golfe Persique. Là, des navires nous attendent pour nous conduire en Inde, y compris des bateaux appartenant à des armateurs palmyréniens. Plus ténues sont les traces de ces marchands ou armateurs en Égypte, au Yémen, mais elles existent et témoignent de la préoccupation de ceux qui font des affaires : comment étendre sa clientèle, comment continuer à commercer malgré les difficultés politiques, militaires ou économiques ? Car les temps sont durs pour les marchands : crises et guerres entre Rome et les Parthes, puis les Perses, concurrence d’Alexandrie et des ports égyptiens du golfe Arabique, présence des marchands indiens de plus en plus nombreux jusqu’à Bérénikè. Parler de Palmyre, c’est en définitive une manière de parler du vaste monde marchand étendu et actif entre la Méditerranée et l’Inde.