Les archives ont-elles une histoire ? Retour sur un classique de l'histoire des sources
Carte blanche aux éditions Macula
Carte blanche et débat à l’occasion de la traduction du livre, de Michaël T. Clanchy, De la mémoire orale aux archives écrites, traduction Jacques Dalarun (From Memory to Written record (1066-1307), 1979) ; Éditions Macula, collection « Archéo-logiques », octobre 2026.
Depuis sa publication au Royaume-Uni il y aura bientôt un demi-siècle, le livre de Michael T. Clanchy est devenu un classique de l’anthropologie historique de l’écrit au Moyen Âge. Réédité et actualisé, à quatre reprises, il paraît enfin aujourd’hui en français.
Dans le sillage des études initiées par Jack Goody sur La Raison graphique et des recherches anglo-saxonnes et germaniques sur la « litteracy » et la « scripturalité », cette étude de synthèse tentait de saisir l’émergence complexe de ce que nous appelons aujourd’hui l’institution « des » archives, dans un contexte féodal et bientôt étatique. D’une conquête à l’autre, de celle de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant à celle de l’Écosse par Édouard Ier, l’ouvrage étudie l’étroite imbrication entre les enjeux juridiques et symboliques de la « mémoire écrite » dans un monde christianisé, et démontre pourquoi l’ampleur de la conservation des documents anglais médiévaux permet de comprendre comment la preuve écrite s’impose face au témoignage oral.
Peut-on pour autant dater et identifier le point irréversible de fixation du pouvoir des archives écrites ? Comment faire la part entre l’intention de transmission et la conservation effective ? À la veille du millénaire de la Couronne britannique, le débat abordera aussi la manière dont les moments de fondation se réinventent périodiquement.
Avec Aude Mairey (directrice de recherche au CNRS / LAMOP), Pierre Chastang (professeur d’histoire médiévale à l’université de Versailles Saint-Quentin) et Yann Potin (conservateur aux Archives nationales, directeur de la collection « Archéo-logiques » aux Éditions Macula)