À livre ouvert

Décolonisations : des brûlures de l'histoire à l'écriture d'un récit en commun

Carte blanche aux éditions Les Aurores

1954. 1956. 1960. 1962. 1975... À chacune de ces dates, des États colonisés par la France accédaient à l’indépendance, souvent au prix de manifestations durement réprimées, de guerres terribles et cruelles, de milliers de morts. S’en suivirent, en Indochine, au Maroc, en Algérie, en Guinée... de nombreux exils vers la « Métropole », des blessures indicibles, des liens fracturés.
L’histoire coloniale éclaire ainsi un fait inédit : aucune société n’a vécu des mutations aussi importantes, avec des populations s’installant dans un pays qu’ils ne connaissaient pas, et qui était pourtant le leur. Encore taboues, ces histoires sont présentes dans nos mémoires, nos rues, nos vies.
Comment alors faire nation et société quand les histoires des peuples sont aussi différentes ? Que les mémoires s’entrechoquent ? Quand des lois discriminatoires divisaient colonisateurs et colonisés, et que les décolonisations sont souvent advenues dans le sang ?
Aujourd’hui, ces fractures sont particulièrement vives, et les débats autour du passé colonial de la France redoublent d’intensité. Comment écrire une histoire commune qui permette de prendre en compte et d’assumer l’héritage de la colonisation et des guerres décoloniales ? Qu’est-ce que porter un regard décolonial sur cette histoire ? Et quelles mémoires, justement, ce regard heurte-t-il ?
Les trois historiens dialogueront autour de la mémoire des décolonisations et de ses lacunes, en posant cette question fondamentale à l’approche des prochaines élections présidentielles : comment écrire un récit commun, condition nécessaire à une refondation de la société française ?

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