Bibracte et ses marchands : l'archéologie à la recherche des acteurs du commerce
Comment restituer l'histoire de ceux qui n'ont pas laissé d'écrits ? C’est tout le paradoxe du marchand gaulois à la fin de l’âge du Fer. Alors que les recherches menées à Bibracte depuis les années 1980 révèlent une capitale éduenne insérée dans de puissants flux commerciaux avec le monde méditerranéen, les sources antiques, centrées sur les élites guerrières, passent ces acteurs sous silence. Cet atelier propose d’explorer cette tension historiographique en transformant l’archéologie en une véritable enquête sur "l'invisible".
Dans un premier temps, nous croiserons les apports de la recherche contemporaine (analyses de provenance des objets archéologiques, apports de la numismatique…) pour montrer comment des vestiges fragmentaires - des tonnes d'amphores italiques aux dattes ou aux pigments égyptiens - dessinent en creux les réseaux d’échanges. En regard, nous nous intéresserons aussi aux productions propres à Bibracte et à leur rayonnement commercial.
Dans un second temps, l’atelier déclinera ces avancées scientifiques en pistes pédagogiques concrètes pour les classes de cycle 3 (CM1 et Sixième), en parfaite résonance avec le futur programme d'histoire. L’enjeu est d’initier les élèves à la démarche historique et à l’analyse critique. À travers la manipulation de ressources variées - comme les modèles 3D d'amphores de la plateforme Europeana, l'étude des timbres amphoriques ou l’analyse de plans de bronziers -, les élèves apprendront à faire parler l'objet archéologique et à mesurer les biais de conservation des matériaux.
Enfin, nous présenterons des dispositifs ludiques et transposables en classe, directement issus des ateliers menés à Bibracte, tels que "Fake news", qui déconstruit les clichés hérités de la Troisième République sur "Nos ancêtres les Gaulois", ou "Money, money, money", qui cartographie les circuits monétaires.