Publié le 25/09/2015

PRIX DU DOCUMENTAIRE HISTORIQUE


Ce Prix récompense un documentaire historique diffusé au moins une fois entre juillet 2016 et juin 2017.
 Une sélection de 17 films a été établie par un jury présidé par l’historien Dimitri VEZYROGLOU. Un Grand Prix, une mention spéciale et deux mentions ont été décernés. Le Grand Prix est doté de 5000 euros grâce au soutien de la DPMA et est accueilli pour une projection à la SCAM en fin d’année.
Les projections des films primés pendant le festival sont en entrée libre.

PALMARES DU PRIX DU DOCUMENTAIRE HISTORIQUE 2017

GRAND PRIX


I AM NOT YOUR NEGRO
DE RAOUL PECK
Etats-Unis, Suisse, France, Belgique, 2017, 1h34, Velvet Films, Sophie Dulac Distribution
Vendredi 7 octobre à 20h30*, Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire Dimanche 8 octobre à 19h, Cinéma Les Lobis


Raoul Peck propose une déambulation dans l’histoire de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis en reprenant le chemin tracé par James Baldwin dans un texte laissé inachevé. L’œuvre de l’écrivain, remarquablement mise en valeur, constitue la trame sur laquelle le portrait de l’Amérique contemporaine se dessine peu à peu. D’une manière très personnelle Baldwin y revient sur son expérience du racisme et de la lutte pour l’égalité, sur ses relations avec Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King, tous trois assassinés dans
les années 1960. La force du texte, ainsi que son actualité, résident dans l’analyse conjointe du processus de construction des identités et des formes que peut prendre le combat contre les discriminations. Le travail d’archives réalisé par Raoul Peck use de l’évocation, de l’anachronisme aussi parfois, pour se mettre à son service, l’inscrire dans l’histoire de la ségrégation, des violences policières, et reconstituer autour de lui quelque chose comme un inconscient collectif avec lequel il ne cesse, aujourd’hui encore, de résonner.
ALEXANDRE WESTPHAL, MEMBRE DU JURY


*PRÉSENTATION Violaine BARADUC, réalisatrice et anthropologue, membre du jury

 

MENTION SPÉCIALE


LUZ OBSCURA
DE SUSANA DE SOUSA DIAS
Portugal, 2017, 1h16, Kintop, Portugal Films
Samedi 7 octobre à 21h30*, Auditorium du Conservatoire Mardi 10 octobre à 19h, Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire


À l’aide de photos prises par la PIDE, la police de la dictature de Salazar, c’est l’histoire d’une famille persécutée et séparée qui est retracée. Les enfants grandissent
loin de leurs parents emprisonnés ou en clandestinité, et reconstituent peu à peu leur identité à partir de ces traces éparses. Le film les évoque, littéralement, en les faisant sortir de l’ombre et en les mettant sous nos yeux de manière fugace, tandis que les voix des témoins scandent leur passé et rendent présent à notre conscience le quotidien dramatique d’une société sous oppression politique et policière. La forme singulière de ce film s’adapte avec maestria au rythme
de ces voix humaines, trop humaines, et à la gravité de leur récit.
DIMITRI VEZYROGLOU, PRÉSIDENT DU JURY


*PRÉSENTATION Susana de SOUSA DIAS, réalisatrice (sous réserve) Dimitri VEZYROGLOU, historien du cinéma, président du jury

 

MENTION


RÉVOLUTION ÉCOLE, 1918-1939
DE JOANNA GRUDZINSKA
France, 2016, 1h20, Les Films du poisson, ARTE France
Jeudi 5 octobre à 10h, Cinéma Les Lobis Samedi 7 octobre à 9h15*, Cinéma Les Lobis


Révolution école retrace avec un rare talent l’histoire des pédagogies révolutionnaires nées dans l’entre-deux-guerres et le parcours de ceux et celles qui les ont fondées : Maria Montessori, Célestin Freinet, Octave Decroly, Rudolf Steiner, Janusz Korczak, etc Les très riches images d’archives, témoignages d’utopies en actes, y sont constamment remises dans leur contexte. Sans gommer les contradictions et les errances politiques ou morales, le
film de Joanna Grudzinska traite d’un courant qui fut pan-européen, porteur d’un projet d’ « homme nouveau » pacifiste et émancipateur, et de la manière dont il se trouva écartelé face à la montée des périls. Il nous rappelle que ces modèles souvent idéalisés de nos jours n’eurent pas à batailler uniquement avec l’institution scolaire, mais plus largement avec les fatalités politiques et sociales.
ALAIN CAROU, MEMBRE DU JURY


*PRÉSENTATION ET DÉBAT AVEC LE SOUTIEN DE LA SCAM Johanna GRUSZINSKA, réalisatrice, ... monteuse, Emmanuel DAVIDENKOFF, journaliste au Monde, Antoine PROST, historien (sous réserve)

 

MENTION


LÀ OÙ POUSSENT LES COQUELICOTS DE VINCENT MARIE
France, 2016, 52 min, Kanari Films, France Télévisions, TV5 Monde et ECPAD
Vendredi 6 octobre à 11h30,* Maison de la BD (atelier « dessiner la Grande Guerre ») Vendredi 6 octobre à 21h30*, Auditorium du Conservatoire
Mardi 10 octobre à 18h, Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire


Vincent Marie propose d’interroger notre mémoire de la Grande Guerre, les images qu’elle a laissées et que nous invoquons pour la représenter au prisme de l’œuvre de neuf dessinateurs de bande-dessinée de différentes nationalités dont Jacques Tardi et Joe Sacco.
Là où poussent les coquelicots s’arrête sur le processus de création : les auteurs retracent leurs réflexions, leurs recherches et notamment les photographies ou les films qui les ont inspirés. Les contributions de Kris et Maël éclairent la genèse de leur série Notre mère la guerre. Joe Sacco explore le rôle de filtre et de médiateur du dessin pour montrer l’inmontrable : scène d’attaque au gaz ou corps déchiquetés.
La caméra suit au plus près le trait du crayon, l’encrage et les repentirs des dessinateurs, puis l’ajout des couleurs. Là où poussent les coquelicots est un vibrant hommage aux soldats de la Première Guerre mondiale et au travail des artistes qui perpétuent leur mémoire.
MATHILDE MEYER, MEMBRE DU JURY


*PRÉSENTATION ET DÉBAT Vincent MARIE, historien de la BD et réalisateur

 


LE JURY
Le jury est composé des personnalités suivantes : Violaine BARADUC, Estelle CARON, Alain CAROU, Jean-Marie GÉNARD, Vincent JAGLIN, Anaïs KIEN, Julie MAECK,
Mathilde MEYER-PAJOU, Xavier SENÉ, Laurent VEYSSIÈRE, Dimitri VEZYROGLOU (président), Alexandre WESTPHAL.


LISTE DE LA SÉLECTION 2017 (17 FILMS)
Mémoires d’un condamné de Sylvestre MEINZER (Lardux Films)
Le Maestro. Pour que vive la musique des camps d’Alexandre VALENTI (Les Bons Clients et Intuition Films et docs / France Télévisions, France 2)
Demons in Paradise de Jude RATMAN (Sister productions)
Chaque mur est une porte d’Elitza GUEORGUIEVA (Les Films du Bilboquet)
Là où poussent les coquelicots Vincent MARIE (Kanari Films)
Wrong Elements de Jonathan LITELL (Veilleur de nuit)
Le Triomphe des images, il y a mille ans de Jérôme PRIEUR (La Chambre aux fresques / France Télévisions, France 3, Nouvelle Aquitaine)
I Am not your Negro de Raoul PECK (Velvet Films, Sophie Dulac)
La Suisse, coffre-fort d’Hitler de Xavier HAREL et Olivier LAMOUR (France Télévisions, France 5 / RTBF / RTS)
Révolution école, 1918-1939 Joanna GRUDZINSKA (Agat Films /ARTE France)
Les Américains dans la Grande Guerre de Stéphane BEGOIN et Thomas MARLIER (CC et C, France Télévisions, France 5)
Luz Obscura de Sousana de SOUSA DIAS (Kintop)
La Passeuse des Aubrais Mickaël PRAZAN (ARTE France / INA)
Lénine, une autre histoire de la révolution russe de Cédric TOURBE (Agat Films / ARTE France)
Les Evadés de Rawa Ruska de Chochana BOUKHOBZA (Les Films d’ici / France Télévisions, France 3)
La Sociale de Gilles PERRET (Rouge Production)
L’Énigme de la tombe celte d’Alexis de FAVITSKI (ARTE France / INRAP

 

 

PALMARES DU PRIX DU DOCUMENTAIRE HISTORIQUE 2016

Grand Prix

 

HOMELAND, IRAK ANNÉE ZÉRO


de Abbas FAHDEL (2015, 1ère partie : Avant la chute, 2h40* / 2e partie : Après la bataille, 2h54** / Abbas Fahdel / Nour films)
Vendredi 7 octobre à 20h15*, Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire [Entrée libre] Samedi 8 octobre à 20h**, Auditorium
du Conservatoire [Entrée libre]
Tourné en 2002 et 2003, Homeland. Irak année zéro propose un regard exceptionnel sur la guerre, observée par le prisme de la famille. Organisé en deux parties « Avant
la chute » et « Après la bataille », le film offre d’abord une plongée dans la famille d’Abbas Fahdel, qui à Bagdad se prépare à la guerre mais conserve un quotidien paisible. Dans ce premier volet se déploient dans un temps long les habitudes, les gestes, la sociabilité. La parole, jusque-là très contenue, se libère véritablement après la chute de Saddam Hussein. Le second volet vainc les frustrations causées dans le premier par l’attente. Ces gens devenus familiers font face à la guerre, à son caractère incommensurable et irréparable. D’un épisode à l’autre, les basculements entre la famille et l’extérieur figent les aspects les plus concrets de ce chaos.
La ville devient un nouveau sujet du film, anéantie par les bombardements et les pillards. Haidar, le jeune neveu du réalisateur, en est le plus beau personnage, qui prend avec enthousiasme et candeur son rôle de passeur dans une ville très vite divisée. Violaine BARADUC, membre
du jury, « Grand Prix » 2015 avec Alexandre Westphal pour À mots couverts.


PRÉSENTATION Laurent VEYSSIÈRE, membre du jury, Mission du Centenaire de la Grande Guerre

 

Mention spéciale

 

LA NUIT S’ACHÈVE


De Cyril LEUTHY (France, 2015, 1h40, The Kingdom, Kepler22 Productions, Saphina)
Vendredi 7 octobre à 21h, Auditorium du Conservatoire [Entrée libre]
Un fils qui cherche son père. Un père qui retrouve son enfance. Un amant en quête d’un grand-père caché et l’Algérie, celle d’hier et celle d’aujourd’hui. Avec une approche documentaire où souffle le vent de la fiction, le film trace plusieurs lignes, cherchant ainsi à capter quelque chose de pas si fréquent : l’épaisseur de la vie.
La Nuit s’achève, encore un film exceptionnel ! Construit autour du roman familial, le réalisateur Cyril Leuthy (Femis) effectue un voyage en Algérie pour découvrir les racines de son père, au Kouif, ville de l’est du pays et ancien centre minier où cette famille avait vécu pendant 4 générations. Ils sont accompagnés par l’ami du réalisateur dont le grand-père était algérien. Le film réussit à exprimer la tension du coming-out impossible. Film hommage (au père, au frère) axé sur l’exploration politique de l’intime, il présente la grande Histoire, tout à fait dérangeante, par des témoignages orchestrés par la personnalité poétique et désenchantée du réalisateur. MK2.com


PRÉSENTATION Cyril LEUTHY, réalisateur.

 

 

 

 

 

PALMARES DU PRIX DU DOCUMENTAIRE HISTORIQUE 2015

Grand Prix

 

A mots couverts de Violaine BARADUC et Alexandre WESTPHAL (2014, 88 min, Les films de l’embellie)

Vendredi 9 octobre à 21h– Auditorium de la BAG  Gratuit

Dans l’enceinte de la prison centrale de Kigali, huit femmes incarcérées témoignent. Elles racontent, vingt ans après le génocide perpétré contre les Tutsi rwandais, leur participation aux violences et retracent leur itinéraire meurtrier. L’une d’elles, par des échanges de messages filmés dialogue avec le fils qu’elle a eu avec un Tutsi…

Présenté par Violaine BARADUC, auteure et Alexandre WESTPHAL, réalisateur

 

Mentions

 

Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel PERIOT (2015, 93 min, Local film, Alina film Blinker Filmproduktion – UFO distribution)

Vendredi 9 octobre à 18h30 – Cinéma Les Lobis –

L’or rouge, la bataille du sang de Philippe BARON et Mirabelle FREVILLE (2015, 52 min, Vivement lundi ! / France Télévisions)

Vendredi 9 octobre à 19h45 – Auditorium de la BAG  Gratuit

Un aspect méconnu du débarquement de juin 1944, ce fut la logistique extraordinaire qui permit aux Américains d’acheminer des dizaines de milliers de litres de sang pour les blessés. Au travers du parcours du médecin militaire Herbert Stern, d’origine allemande, le film retrace l’histoire de la transfusion sanguine.

Présenté par Philippe BARON,  réalisateur

 

Souvenirs d’un futur radieux de José VIERA MARTINS (2014, 90 min, Zeugma Films)

Samedi 10 octobre à 18h30 – Grand amphi, Ecole du Paysage  Gratuit

Souvenirs d’un futur radieux est l'histoire croisée de deux bidonvilles qui se sont construits, à 40 ans d’intervalle, sur un même territoire, hors la ville, à Massy, dans la banlieue sud de Paris, Dans les années 60 ses habitants venaient du Portugal. Ceux des années 2000 sont des Roms de Roumanie. Archives issues des actualités filmées et témoignages construisent une mémoire commune des bidonvilles et attestent que l’immigration a une histoire.

Présenté par José VIERA MARTINS, réalisateur

 

Mention spéciale

 

Eau argentée d’Ossama MOHAMED et Wiam Simav BEDIRKAN (2014, 110 min, Les Films d’ici et Proaction Film) - Film disponible en DVD chez Potemkine Films

Une rencontre par le biais des images, celles d’une jeune cinéaste kurde de Homs, et celles d’un cinéaste syrien exilé à Paris, qui monte ce qu’il visionne sur Youtube. De cette rencontre est né un film hors normes, une œuvre protéiforme qui plonge le spectateur dans les affres de la guerre et questionne sa représentation. Et qui fabrique des archives exceptionnelles pour les historiens.