Edition 2019, L'Italie
L'économie Table Ronde
Publié le 06/09/2019
Dimanche 13 oct. 2019 de 11:30 à 13:00 Conseil départemental

Vides urbains, vides fertiles ?

Certains territoires urbains se trouvent à l’écart de tout projet. Ce statut permet le développement de germes de vie spontanée, auto-organisée. Trois exemples sont proposés par cette table ronde, fondés sur trois thèses.

Annarita Lapenna pose trois hypothèses sur la ville de Milan: la première est axée sur les processus de dissociation qui ont fragilisé des lieux, en les transformant au fil des décennies en espaces-fissures, fertiles pour l’expérimentation à partir de l’existant, la deuxième hypothèse admet que ce processus, basé sur les synergies entre les acteurs, les espaces et les imaginaires, produit les modes de culture des projets urbains ouverts ; enfin, la troisième considére que les projets urbains ouverts encouragent et supportent une synergie profonde entre les transformations à petite échelle – in-situ- et à échelle territoriale –trans-situ- en dessinant des constellations urbaines, des géographies latentes du territoire. Cécile Mattoug aborde « Le partage du vide urbain dans la fabrication métropolitaine. Approche exploratoire d’un paysage urbain par les écritures du vécu » et a pour objectif de définir et d’éprouver une approche relationnelle du vide urbain au nord de l'agglomération parisienne. Ces espaces vides de bâti en milieu urbain sont en état de veille, ont un statut instable dans l'espace et dans le temps et appartiennent aux figures du désordre de la ville. Sa recherche questionne les morphologies hétérogènes, les pratiques et les usages divergents qu’y exercent les différentes parties prenantes de la fabrique de la ville. Par une approche ethno-géographique critique, le prisme d’étude choisi est celui de l’espace vécu des différentes parties prenantes de la fabrique du vide urbain. Les différentes perspectives relationnelles captées par un travail de recherche-création révèle que ce sont les divergences qui définissent les espaces du vide urbain et qui permettent d’en étudier les formes du partage dans la fabrication métropolitaine. Anne Granier aborde le territoire de la Zone de 1912 à 1946 au moyen de sources variées qui permettent de comprendre comment ce territoire non aedificandi, sans affectation, symbole d’inutilité devient au fil du temps sujet d’installation d’une population nombreuse, dont les rapports avec l’administration sont souvent conflictuels et comment le territoire devient l’objet d’appropriations successives. Ce grand quartier de marge présente des modes d’appropriation croissants de jouissance des occupants du site. Des générations successives d’appropriation se succèdent jusqu’à l’évacuation du territoire au cours de la seconde guerre mondiale.

Ces trois travaux de thèse permettent des rapprochements dans l’espace et dans le temps et montrent le potentiel original de parties de ville oubliées de la planification urbaine.

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